Les exercices de présentations sont un incontournable pour bien débuter son atelier ou sa réunion, lorsqu’on a autour de la table des personnes qui ne se connaissent pas ou lorsque l’animateur ne connait pas son groupe.

Un petit truc sympa pour que chacun se présente et parle un peu de lui-même : la formule basique est de faire un tour de table

… mais ça c’est pour les nazes !

On est des Supers Animateurs ! On ne se contente jamais de faire les choses de manière ordinaire.

S’adapter à son public

Comme je l’explique dans cet article, il faut être capable de se poser quelques questions avant de choisir un exercice.

Qui ai-je en face ? Se connaissent-ils ? Sont-ils réceptifs ? Coopératifs ? Méfiants ?

Une fois qu’on a ces informations, on peut choisir l’exercice le mieux adapté.

Mais il arrive parfois qu’on soit face à des gens… coincés

Qu’est-ce qu’une personne coincée ?

Pour les besoins de cet article, on va dire qu’une personne coincée est une personne qui n’est pas à l’aise à l’idée de participer à un « exercice ».

Et on va considérer  comme « exercice » toute activité qui sort du tour de table classique.

Si tu arrives et que tu dis : « on fait un tour de table et chacun se présente« , une personne coincée sera un peu stressée mais pas plus que les autres, car on a tous un peu peur de se mettre en avant.

Mais si tu dis « je vais vous mettre en binômes et chacun de vous va présenter l’autre« … c’est une autre pair de manche. Alors que ton intention est de faciliter les présentations, la personne coincée auras du mal avec ça.

Elle n’a pas envie de s’isoler avec un autre participant aléatoire, elle n’a pas envie de se confier, ni de parler à la place d’un autre… Bref, elle ne veut pas jouer le jeu.

Différentes catégories de coincés

On va faire la distinction entre deux catégories de personnes coincées.

Les coincés psychologiques

D’un côté, nous avons des personnes qui ne sont juste pas à l’aise avec les interactions sociales.

Ces coincés n’aiment pas « jouer ». Ils vont souvent gentiment décliner de prendre part à des exercices.

Les coincés circonstanciels

De l’autre côté, nous avons des personnes qui sont coincées en fonction des circonstances.

Par exemple, un salarié en présence de son patron. Il n’est pas coincé de nature, mais il n’est pas à l’aise avec le fait de paraître ridicule face à son hiérarchie où de révéler des informations personnelles sur lui-même.

L’inverse est vrai. Certains responsables seront « coincés » par défaut, contraints de maintenir une image par rapport à leur statut. Aussi bien dans l’organisation qu’en société de manière générale.

Le remède est le même

Que la situation de blocage vienne de la personnalité des gens ou du contexte de l’atelier, le remède reste le même.

Il faut choisir un exercice qui permette aux gens de se présenter sans vivre cela comme un conflit interne ou une situation inconfortable.

Et il faut aussi que toi, Super Animateur, tu sois prêt à ignorer une partie de cet inconfort.

En théorie, les exercices à ta disposition ont pour but de créer une ambiance conviviale et de détendre l’atmosphère.

Donc même si parfois tu sens de la résistance en face, n’hésite pas à pousser un peu. Parce qu’une fois l’exercice est (bien) fait et a atteint ses objectifs, les participants vont t’exprimer de la gratitude.

Maintenant, à nous la pratique :

Exercice 1 : le tour de table thématique

Dans un premier temps, restons dans du classique pour ne pas trop bousculer nos ami-es coincé-es.

L’exercice consiste à faire un tour de table classique mais d’ajouter une ou deux questions en lien avec la thématique du jour.

  1. Préciser qu’on va faire un tour de table ;
  2. Énumérer les éléments classiques : nom, prénom, organisation, poste ou fonction,… ;
  3. Ajouter et mettre l’accent sur la question spécifique du jour : « une fois que vous avez fini votre présentation, merci de répondre à la question suivante…. »;
  4. Demander à quelqu’un de commencer volontairement et préciser le sens dans lequel on va tourner (ou tout autre méthode de succession).

Qu’est-ce qu’une question thématique ? Voici quelques exemples pour t’inspirer :

  • Atelier sur le droit social : demander aux participants d’évaluer, sur une échelle de 1 à 10 leurs connaissances sur le sujet en donnant quelques détails ;
  • Formation sur la gestion de conflits : que faites vous d’habitude pour éviter ou pour gérer des conflits dans votre quotidien professionnel ? ;
  • Réunion pour élaborer un budget : quelle est selon vous l’élément le plus important à prendre en compte dans le montage d’un budget ? ;
  • …etc.

Avec ce genre de questions, on reste dans la thématique ce qui ne brusque en rien les participants.
L’avantage est qu’en plus de permettre aux gens de se présenter et d’aborder déjà le sujet, on obtient aussi des informations, en tant qu’animateur, sur l’hétérogénéité du groupe et sur les facilités de prise de parole chez les uns et les autres.

Exercice 2 : attentes et besoins

Cet exercice se fait avec des post-its de deux couleurs différentes.

  1. Distribuer les post-it de manière à ce que chaque participant ait au moins un post-it de chaque couleur ;
  2. Préciser que sur la couleur 1 (le jaune par exemple), les participants doivent écrire « qu’est-ce que j’attends de cet atelier ? » ;
  3. Ajouter que sur la couleur 2 (le rose), les participants doivent écrire « de quoi ai-je besoin pour que l’atelier se déroule dans de bonnes conditions » ;
  4. Donner un temps pour la réflexion et la rédaction ;
  5. Faire défiler les participants pour qu’ils se présentent et énoncent ce qu’ils ont écrits ;
  6. Accrocher les besoins dans une grande feuille de papier et les attentes dans une autre.

Cet exercice combine trois activités en une seule : présentations, attentes des participants et règles de l’atelier.

C’est une méthode fabuleuse pour obtenir un grand nombre d’informations et les faire partager entre les participants.

À l’issue de cet exercice, on connait les attentes et les décalages qui peuvent y avoir. On a une idée générale sur les règles à respecter et sur les besoins de chacun car les gens ont pu se présenter sous différents aspects.

Exercice 3 : storytelling

Nous aimons tous raconter des histoires (pas des bobards, on est d’accord !)

Et nous aimons tous, contrairement à ce qu’on pense (et ce qu’on essaie de faire croire), parler de nous-même.

Plutôt que d’inviter les participants à déballer leur CV, pourquoi ne pas leur demander de raconter une histoire ?

  1. Préciser qu’on va faire un tour de table ;
  2. Énumérer d’abord les éléments classiques que chaque participant devra présenter : nom, poste, attentes…etc ;
  3. Demander à ce que chacun prenne quelques minutes pour raconter « l’histoire de comment… » ;
  4. Faire défiler les participants les uns après les autres ;
  5. Après chaque histoire, encourager d’autres participants à poser des questions, à en savoir un peu plus…

Quels types d’histoires cherchons nous ? Nous allons reprendre les exemples de l’exercice 1 :

  • Atelier sur le droit social : racontez-nous l’histoire de comment vous avez atterri dans cet atelier ?
  • Formation sur la gestion de conflits : racontez-nous l’histoire de comment vous avez géré (ou non) le dernier conflit auquel vous avez été confronté ?
  • Réunion pour élaborer un budget : racontez-nous l’histoire de comment vous avez monté votre premier budget ?
  • …etc.

Si j’insiste sur le « comment« , c’est parce que c’est un ressort narratif qui pousse à la réflexion.

Les questions du type « pourquoi » peuvent amener des réponses courtes, ou simplistes. Mais quand on demande à quelqu’un « comment » a-t-il fait ceci ou cela, ça amène des étapes, des chapitres, des péripéties rencontrées et contournées…etc.

Il ne faut pas espérer un « modèle narratif » uniforme. C’est justement la diversité des histoires racontées qui va faire toute la richesse de l’exercice.

À la question « comment avez-vous atterri ici ? », on peut obtenir un parcours de 10 ans de recherche du savoir, comme on peut obtenir l’anecdote de la dame qui a reçu un coup de fil la veille pour remplacer quelqu’un…

Faire confiance au groupe

Il faut se faire confiance à soi pour proposer des exercices qui sortent de l’ordinaire

Mais il faut aussi être capable faire confiance au groupe.

Ton instinct peut te mettre en garde face à une audience hostile et non-collaborative.

Mais tu as bel et bien en face de toi des personnes qui ont envie d’apprendre, de devenir meilleures et de sortir un tout petit peu de leur zone de confort.

Ces trois exercices peuvent te permettre de « sonder le terrain », de tester l’ambiance.

Si à l’issue de ces exercices, tu vois que le groupe se « détend » davantage, n’hésite pas à aller plus loin dans l’interactivité et la convivialité.

Le boss a peut-être envie de se détendre un peu et de lâcher pression.

Les étrangers ont peut-être envie de faire de nouvelles rencontres et de mieux connaître les autres.

Pour qu’un groupe se décoince, tu as besoin toi aussi, de te décoincer 😉


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